Conseils

Seriez-vous prêts à divulguer vos données personnelles pour un café gratuit ?

Charlotte Empey, 18 octobre 2018

Pas de données, pas de caféine. Dernièrement, une nouvelle pratique où les étudiants achètent leur café avec leurs données personnelles a vu le jour. Découvrez les risques de cette pratique dans notre nouvel article dédié à ce phénomène nouveau.

Malgré l'agitation autour de Facebook, Google et d'autres entreprises accusées de tromper les utilisateurs pour qu'ils partagent des données à caractère personnel, il semblerait que le monde accepte de plus en plus d'échanger ces mêmes données personnelles sous d'autres formes.

Prenons l'exemple du Shiru Cafe à Providence, dans l'état de Rhode Island aux États-Unis, où les étudiants de l'université Brown « paient » leur café, mais sans argent. À la place de l'argent, on leur demande de fournir quelques informations personnelles en échange de leur café du matin.

Tandis que les professeurs sont autorisé à payer avec de l'argent, les étudiants eux obtiennent leur café  « gratuitement » en saisissant des données personnelles, notamment leur nom, numéro de téléphone, adresse e-mail, matière principale suivie, date de naissance et aspirations professionnelles, dans un formulaire en ligne. Selon le café, les étudiants savent qu’en transmettant leurs informations personnelles, elles sont susceptibles d’être partagées avec des sponsors, mais pas des tiers. Ces sponsors, qui incluent des sociétés comme JP Morgan, Nissan et Microsoft, envoient des publicités physiques et numériques, des applications, des logos, des sondages, et bien plus encore aux étudiants. Bien souvent, ces efforts sont axés sur le recrutement.

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Certaines des données personnelles collectées par le site web Shiru Cafe ainsi que leurs matière principale, leurs préférences sur la taille de l'entreprise pour laquelle ils aimeraient travailler, leurs compétences techniques en informatique, etc.

Le site de Shiru (lien en anglais) déclare : « Nous avons spécialement formé le personnel qui donne aux étudiants des informations supplémentaires concernant nos sponsors pendant qu’ils savourent leur café. »

Jacqueline Goldman, une étudiante de troisième cycle à l’université Brown, fait confiance au café et déclare : « Je donne mes données à de nombreuses organisations et je ne reçois ni bien, ni service en échange. Shiru fait preuve de transparence. »

Même si c’est le cas et même si ce modèle de paiement avec des données intéresse de plus en plus les vendeurs, cette approche peut s’avérer très risquée, notamment à cause des nouvelles restrictions du RGPD. Les soucis de confidentialité continuent à s’accumuler autour du nombre grandissant de violations de données, nombre d’entre elles ayant touché des distributeurs tels que Macy’s, Under Armour, Best Buy et Panera Bread.

Jacob Furst, professeur de sécurité informatique à l’université DePaul, a été cité dans le New York Magazine (lien en anglais) en déclarant que ce cas de figure poserait problème si les étudiants étaient contraints de se connecter au Wi-Fi du café, ce qui permettrait d’accéder à un plus large éventail d'informations, auxquelles des tiers pourraient accéder.

Tandis que les distributeurs et les vendeurs continuent de chercher de nouvelles façons de personnaliser les offres et les services basés sur la personne et les données des clients, les sociétés doivent garantir un niveau de sécurité adapté au risque.

Luis Corrons, expert en sécurité Avast, voit la situation d'un autre œil : « Imaginez le contexte suivant », explique-t-il. « Lorsque vous n’avez plus d’argent, vous ne pouvez plus acheter de café. Une fois que vous donnez vos données, vous êtes fauché : ils ont déjà tout ce qu’ils cherchaient. » Peut-être est-ce un bon exercice, ajoute-t-il, « si cela aide le monde à prendre conscience de l’importance de protéger ses informations personnelles. »

L'entreprise Shiru Café a déjà des établissements au Japon et en Inde et prévoit d'ouvrir d’autres cafés près de l’Amherst College, d’Harvard, de Yale et de Princeton aux Etats-Unis. On ne sait donc toujours pas si un café gratuit représente un risque ou une récompense pour ses clients, mais la prudence est de rigueur.

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